Rupture du contrat de licence parfums Burberry chez Interparfums – article Le Monde Economie

A la suite de l’annonce de la rupture du contrat de licence parfums Burberry chez Interparfums, le Monde Economie publie un article « Parfumerie : un nouveau business model se dessine » reprenant des analyses développées sur ce blog.

Après plusieurs mois de discusssions avec son partenaire, Burberry a finalement décidé de rompre au 31 décembre 2012 son contrat de licence exclusif avec Interparfums, qui crée, fabrique et commercialise les parfums de la marque anglaise de luxe depuis 1993.

Mais rupture ne signifie pas forcément divorce. En effet, le groupe français précisait déjà en avril que des négociations avec la marque de luxe britannique étaient en cours « en vue de la création d’une entité opérationnelle dédiée à l’activité parfums et cosmétiques » : soit un accord sur la création d’une nouvelle structure pour gérer les parfums Burberry est trouvé d’ici à la fin de l’année, soit le divorce est consommé, et dans ce cas, Interparfums recevra un dédommagement de 181 millions d’euros. 

Tout l’enjeu est désormais de trouver un accord, ou à défaut, une issue de secours – et ce d’autant plus que les deux parties peuvent rompre sans préavis les négociations en cours. Pour Interparfums, le défi est de taille : Burberry représente pas moins de la moitié de son chiffre d’affaires (54,3 millions d’euros) sur un total de 110,8 millions d’euros au premier trimestre.

Cependant, si Burberry est actuellement le plus gros contrat géré par Interparfums, le groupe français peut également compter sur les licences de Montblanc et de Jimmy Choo, qui lui ont chacun rapporté 11 millions d’euros environ au premier trimestre. Le PDG d’Interparfums, Philippe Benacin, se veut donc rassurant, indiquant avoir déjà « largement anticipé les conséquences d’une prolongation, ou non, de ce partenariat ». De là à envisager une diversification ? C’est du moins ce que sa candidature au rachat des parfums Jean-Paul Gautier, l’an dernier, pourrait laisser penser.

Car si le modèle de la licence domine encore le secteur de la parfumerie, celui-ci pourrait bien, à terme, s’effacer au profit du regroupement des activités de mode et de parfumerie d’une marque sous une même entité.

DES MARGES « PLUS INTÉRESSANTES »

Pour l’instant, les sociétés spécialisées dans la licence de parfums se contentent de placer leurs pions, en se lançant dans le rachat de grandes griffes de luxe, à l’instar de Puig, qui possède, entre autres, les licences des parfums Nina Ricci et Paco Rabanne. En mai 2011, le groupe catalan a racheté les activités mode de la marque Jean-Paul Gaultier. Mais si elle veut mettre la main sur la licence des parfums – dans le giron de BPI (Beauty Prestige International), filiale du groupe japonais Shiseido, jusqu’en 2016 –, elle devra encore patienter quelques années.

Pour les acteurs du secteur de la parfumerie, ce futur rachat n’est d’ailleurs qu’une question de temps. Le magazine en ligne Osmoz avance qu' »en 2016, et peut-être même avant (…), les parfums Gaultier viendront enrichir le catalogue de Puig », entité qui « a imaginé ces dernières années plusieurs grands succès olfactifs, comme 1 Million, Black XS, Ricci Ricci ou Nina ». De son côté, Claire Colas, consultante en marketing, insiste sur son blog sur l’attractivité pécuniaire de la marque de parfum de « l’enfant terrible de la mode » : « Il y a fort à parier que Puig tâchera de récupérer au plus vite, si ce n’est avant le terme, les activités parfums de JPG, d’autant plus que les marges sont plus intéressantes. » En effet, le secteur de la parfumerie est bien plus lucratif que le prêt-à-porter.

Autre exemple, celui du fonds d’investissement allemand Labelux Group – également propriétaire du parfumeur Coty (Calvin Klein, Chloé) – qui a racheté en mai 2011 le chausseur de luxe Jimmy Choo, alors que les parfums de la marque sont licenciés depuis 2010 chez Interparfums, et ce, pour une durée de douze ans. Pour Mme Colas, « dans ce cas également, tout porte à croire que Labelux souhaitera reprendre le contrôle de l’activité parfums avant les échéances ».

Interparfums dispose donc de quelques années pour se repositionner sur le marché, que les négociations avec Burberry aboutissent ou pas. Dans ce dernier cas, le groupe français pourra toutefois compter sur les quelque 200 millions d’euros de dédommagement que devra lui verser la marque de luxe anglaise.

Anna Villechenon

 

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