Etude sur les savoir-faire dans l’industrie du luxe, premiers résultats sur la filière cuir

Janvier 2013, dans le cadre des réflexions du Comité Stratégique de Filière Luxe, la DGCIS mandate le cabinet Mazars et Claire Colas Consulting pour réaliser une étude sur la cartographie des savoir-faire dans l’industrie du luxe et plus particulièrement dans les sous-secteurs du cuir, de la mode et habillement, de la bijouterie-joaillerie, de l’horlogerie, de la fourrure et de la lunetterie. 

L’objectif de l’étude est d’identifier les savoir-faire français et de proposer des recommandations afin de les pérenniser.

L’étude a été remise à la DGCIS en Juillet 2013 après de nombreux entretiens réalisés avec des fédérations, maisons, ateliers, artisans et un certain nombre de recommandations opérationnelles ont été remises dans le cadre de cette étude.

Quelques éléments de l’étude commencent à être rendu public notamment lors de présentation aux différentes fédérations.

Un article de Les Echos de cette semaine, reprend quelques point mis en exergue par le Cabinet Mazars et Claire Colas, dans la filière cuir.

Industrie du luxe : la vraie-fausse richesse de la filière cuir –Par Stephane Frachet | 07/01 

Intégrées à un secteur du luxe très rentable, les PME du cuir restent fragiles.
Le gouvernement prépare un plan de soutien.

Industrie du luxe : la vraie-fausse richesse de la filière cuir

Le récent rachat de la tannerie Bodin-Joyeux par Chanel illustre les tensions qui s’exercent sur les PME de la maroquinerie, l’une des faces cachées du luxe made in France. Derrière les géants LVMH, Kering, Hermès et Chanel, les sous-traitants vivent des heures difficiles. « Le carnet de commandes est plein, l’usine tourne à plein régime, nous vendons des peaux en Italie et en Chine, mais l’approvisionnement est un combat de tous les instants », confiait Frédéric Bodin quelques semaines avant de céder son entreprise. Le patron de cette mégisserie, basée à Levroux dans l’Indre, achète en Espagne ses peaux d’agneau « entrefino », réputé pour sa finesse, dont la valeur a augmenté de 40 % en quelques mois. La PME réalise 17,5 millions de chiffre d’affaires et emploie 90 salariés. Problème : là où l’industriel affiche péniblement 10 % de rentabilité, les grandes marques dépassent parfois les 30 %. Selon plusieurs dirigeants de PME sous-traitantes du luxe, qui préfèrent garder l’anonymat pour ne pas fâcher leurs donneurs d’ordre, les achats sont une partie du métier qui n’est pas suffisamment rémunérée. Au final, Frédéric Bodin s’adosse à la maison de luxe de la famille Wertheimer pour pérenniser l’entreprise fondée en 1860. Et aussi pour l’aider à démarcher de nouveaux clients dans le monde entier.

Cartographie de la sous-traitance 

A l’instar de Chanel, Weston, Kering et LVMH ont récemment absorbé des fournisseurs. « La fragmentation des chaînes de valeur entraîne des déséquilibres dans les rapports de force entre les acteurs et une répartition parfois inéquitable de la valeur », résume Fabien Seraidarian, analyste du cabinet Mazars, chargé d’une étude par la Direction générale de la compétitivité de l’industrie et des services (DGCIS). Conséquence : les risques sont réels pour le maintien des quelque 130.000 emplois de cette filière en France qui réalise 34 milliards d’euros de chiffre d’affaires selon l’Insee. Dans le secteur de la maroquinerie et du cuir les 913 entreprises françaises pèsent 3,9 milliards de chiffre d’affaires. Alors même que le made in France est très recherché sur un marché mondial en croissance de 70 % entre 2003 et 2012 selon Mazars.

Identifiée comme stratégique par le précédent gouvernement puis confirmée par Arnaud Montebourg, la filière luxe (mode, habillement, bijouterie-horlogerie-joaillerie, cuir, hors cosmétiques et spiritueux selon le classement de la DGCIS) fait l’objet d’un plan d’action d’ici à 2020. Un contrat présenté aux organisations professionnelles a été signé en avril dernier. Objectif : consolider une industrie, du fournisseur de la matière première au vendeur final, « afin d’élaborer une cartographie globale de la sous-traitance », souligne Bruno Geeraert, chef du bureau textile, mode et luxe à la DGCIS. Illustration des difficultés à vaincre, la France est en train de perdre le savoir-faire de formier, qui consiste à fabriquer les formes en bois que l’on glisse dans les chaussures.

Dans les préconisations issues de l’étude Mazars, la DGCIS met en haut de la pile le soutien à l’émergence de nouvelles marques. Cela pourrait se traduire par des lignes de crédits, via Bpifrance, à l’instar du fonds mis en place au printemps dernier pour les savoir-faire d’excellence ou encore des apports en fonds propres. Parmi les cibles, le bottier Corthay, repris en 2010 par un ancien cadre de LVMH, Xavier de Royère, et dont le chiffre d’affaires (non publié) a quintuplé depuis la reprise. Corthay devrait créer 45 emplois d’ici 2016 dans son atelier de Beaupréau (Maine-et-Loire), si l’entreprise parvient à financer ses ouvertures de boutiques dans les capitales européennes. Sur le terrain, des initiatives se font jour pour aider la filière. La CCI de Limoges s’est penchée sur les métiers du cuir. Les Pays de la Loire ont développé le projet Trans-Faire avec pour but de former 300 personnes, dans 80 entreprises, au sein de 5 régions du Grand-Ouest. Dans ce secteur où des postes sont à pourvoir, il s’agit d’attirer « des 30-40 ans motivés par des métiers industriels, via des tests manuels et des mises en situation », explique Vincent Oberto, chargé de mission luxe à la DGCIS. Une politique de formation qui favorise les implantations dans le Val de Loire de Longchamp et Louis Vuitton.

Stéphane Frachet

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