L’impression 3D et le luxe, vers une nouvelle ère de la création ?

Suite à la conférence organisée par le Club ESSEC Luxe la semaine dernière sur l’impression 3D, un compte-rendu détaillé et complet a été rédigé et publié sur le blog My Digital Luxury Galaxy que je vous propose de découvrir ci-dessous.

http://www.mydigitalluxurygalaxy.com/limpression-3d-quels-impacts-pour-lindustrie-du-luxe-bilan-conf-essec-luxe/

J’apporterai donc quelques réflexions personnelles complémentaires.

L’impression 3D est donc une véritable révolution non pas tant technologique puisqu’elle est utilisée depuis une trentaine d’années, mais plutôt au niveau de la création.

Pour notre industrie du luxe, deux éléments majeurs confirment qu’il s’agit bien là d’une opportunité à saisir qui ouvre large le champs des possibles.

  • possibilités techniques infinies, multiplicité des matériaux et esthétisme

L’impression 3D permet de fabriquer désormais des objets impossibles à fabriquer jusque là. Elle ouvre donc large l’ère de la création et de l’inventivité.

Création Pia Hinze

Création Pia Hinze

Création Victoria Secret - Défilé 2013

Création Victoria Secret – Défilé 2013

Robe Iris Van Herpen

Robe Iris Van Herpen

De plus, le spectre des matériaux s’est largement étendu – 200 environ dont des matériaux nobles comme l’or, la céramique… – ce qui n’était pas le cas auparavant. Enfin, alors qu’elle était plutôt réservée à la fabrication de pièces pour l’industrie, le caractère esthétique ne rentrait donc pas tellement en jeu. La fabrication additive permet aujourd’hui d’allier technicité, créativité et esthétisme. C’est donc par l’association de ces 3 éléments que s’ouvre une opportunité formidable pour notre industrie du luxe, tant empreinte d’esthétisme et de créativité.

  • personnalisation et co-création.

L’impression 3D ouvre également la voie à la personnalisation – la vraie – dans la mesure où l’on peut aisément fabriquer soit des pièces uniques soit en petite série. Or la personnalisation n’est-elle pas le comble du luxe, le grâal tant recherché par les marques et tant rêvé par les consommateurs ?

La co-création est également possible et le consommateur devient consomm-acteur, co-créateur de l’objet. C’est l’exemple de ce projet dans la chaussure qui propose à ses clients des chaussures personnalisées, tel un bottier, en scannant leurs pieds afin de générer une forme de chaussures unique (et confortables !) en impression 3D. Au client de choisir –en ligne ou en magasin- ses finitions qui seront réalisées, elles, par l’artisan.

On peut déjà aussi personnaliser un bijou grâce au projet Love By Me. D’autres projets dans ce sens semblent être  en voie de développement. C’est donc ici une opportunité phénoménale pour les artisans de transformer leur business modèle grâce à l’intégration de la numérisation de leur outil de travail et de développer leurs savoir-faire en concevant des produits autrement, qui allient technologie et savoir-faire manuels.

C’est enfin une opportunité rare pour de nouvelles marques pour émerger dans notre industrie en arrivant avec des solutions uniques pour les clients.

L’enjeu pour les marques de luxe est donc maintenant de trouver le ton juste pour valoriser l’usage de l’impression 3D alors même que les savoir-faire viennent juste d’être remis au gout du jour !

Pour l’heure, la plupart des marques craignent, avec l’impression 3D, une dévalorisation de l’image du produit alors même qu’elles se concentrent activement à démontrer la valeur intrinsèque de leurs produits à grands coups de mise en scène des savoir-faire.

Doivent-elles donc jouer la transparence ? Doivent-elles adopter rapidement ce nouvel outil ?

Les craintes exprimées que ce soit à l’issue de la conférence lors des questions-réponses ou captées deci-delà, sont ironiquement en parfaite résonance avec les craintes formulées, quelques années plus tôt, lorsqu’on organisait alors la conférence sur le digital et le luxe. Défenseurs-précurseurs percevant alors les opportunités de ce nouvel outil alors que les opposants craignaient qu’il remette en cause les valeurs du luxe.

S’en était suivi une longue période de tâtonnement dans notre industrie, la plupart des marques tardant à l’adopter. A postériori, il est intéressant de remarquer que certaines marques pourtant – les précurseurs- se sont même relancées grâce à leur compréhension fine et rapide de l’outil à l’instar de Burberry. D’autres aussi, les plus réticentes, ayant tellement hésité, ont été reléguées au rang des marques les moins dynamiques, attirantes et désirables !

Gageons que les marques de luxe capteront rapidement les opportunités offertes par l’impression 3D et que l’optimisme dégagé par les acteurs présents lors de cette soirée soit source d’inspiration pour les plus réticentes !

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